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    Baleine noire de l'Atlantique Nord

Longueur: de 15 à 18 m (50 à 60 pi)
Poids: de 30 à 80 tonnes
Taille de la population au Canada: Atlantique – jusqu'à 350 individus
Taille de la population mondiale: jusqu'à 350 individus
Statut quant à la conservation au Canada: en voie de disparition (COSEPAC/LEP)
Statut mondial quant à la conservation: en voie de disparition (UICN)

Classification
Nom scientifique: Eubalæna glacialis
Autres noms: baleine noire, baleine franche, baleine de Biscaye
Sous-ordre: mysticète (baleine à fanons)
Famille: Balénidés

Identification sur le terrain

  • jusqu'à 18 m (60 pi) de longueur
  • grande baleine au corps très robuste et arrondi
  • évent double
  • mâchoire supérieure très arquée lorsque vue de côté et étroite lorsque vue d’en haut
  • séries de callosités blanches sur la tête, autour des évents et sur la mâchoire inférieure
  • pas de nageoire dorsale ni de sillons ventraux
  • très longs fanons étroits et noirs pouvant atteignant 2,75 m (9 pi) de longueur
  • nageoires pectorales en forme de pagaies
  • corps noir et ventre blanc
  • fanons gris foncés, bruns foncés ou noirs atteignant environ 2 m (6,5 pi) de longueur
  • grosse queue lisse pouvant atteindre 7,5 m (25 pi) de largeur
  • queue émergeant souvent lorsque l’animal plonge
  • nage lente
  • souffle en forme de V
  • solitaire ou en groupes pouvant compter plus 20 individus

Description
La baleine noire, très grosse et massive, est facile à reconnaître vu l’absence de nageoire dorsale sur son dos. Sa tête énorme compte pour le tiers de la longueur du corps et sa bouche, dont l’intérieur est muni de très longs fanons, décrit une forte courbe. Le corps est noir avec une quantité variable de blanc sur le ventre, et les nageoires pectorales sont larges et en forme de pagaie. On trouve sur la tête et sur le rostre (museau) des portions de peau rugueuse et surélevée appelées callosités. Ces dernières apparaissent blanches ou de couleur crème car elles sont recouvertes d’un grand nombre de poux de baleines, également appelés cyamides. Fait intéressant : ces callosités se trouvent aux mêmes endroits que les poils faciaux chez les mâles de l’espèce humaine. La disposition des callosités sur la tête, qui varie d’une baleine à une autre, permet aux chercheurs de distinguer les individus et d’accumuler d’importants renseignements sur le comportement et sur le cycle biologique de l’espèce. Contrairement à la plupart des autres baleines à fanons, les baleines noires sont dépourvues de sillons ventraux, ayant plutôt de très longs fanons pouvant atteindre une longueur de 2,7 m (9 pi).

Cycle biologique
On croit que les baleines noires peuvent vivre plus de 70 ans. Bien qu’on ne connaisse pas encore l’âge de la maturité sexuelle chez les femelles, l’âge moyen de ces dernières lors de la première mise bas est de 10 ans, quoiqu’on ait déjà vu une femelle mettre bas dès l’âge de 5 ans. Les données sont actuellement inexistantes quant à l’âge de maturité sexuelle des mâles, bien qu’il semble que seuls les mâles de plus de 10 ans puissent s’approcher suffisamment des femelles pour avoir une occasion de s’accoupler. Les femelles donnent naissance à un seul baleineau tous les 3 à 5 ans, durant l’hiver, au terme d’une gestation de 12 mois. Les baleineaux sont habituellement sevrés et indépendants de leur mère vers la fin de leur première année d’existence.

Répartition géographique
Les baleines noires de l'Atlantique Nord fréquentent surtout des eaux côtières et de plateau continental, bien qu’on puisse occasionnellement en voir au large. En raison de la chasse passée, leur répartition géographique et leur abondance actuelles sont bien moindres que jadis. La répartition actuelle allant des eaux au sud de la Nouvelle-Écosse jusqu’à celles du Sud-Est des États-Unis, elles fréquentent les environs du cap Cod au printemps, puis vont vers le nord rejoindre leurs aires estivales d’alimentation et de croissance dans les eaux de la Nouvelle-Angleterre, de la baie de Fundy et du plateau néo-écossais. Les aires de mise bas, fréquentées durant l’hiver, se trouvent pour leur part au large de la Floride et de la Géorgie. On ignore encore où le gros de la population passe les mois d’automne et d’hiver.

Régime alimentaire
Les baleines noires se nourrissent de zooplancton, principalement de copépodes (particulièrement l’espèce Calanus finmarchicus) et occasionnellement de krill.

Comportement
Bien qu’elle puisse paraître lente et lourdaude, la baleine noire de l'Atlantique Nord peut être passablement active en surface, s’adonnant souvent à des sauts hors de l’eau (« breaching »), à des battements de la queue, à des battements de nageoires pectorales et à de l’« espionnage ». On trouve ces animaux seuls ou en petits groupes instables, bien que des rassemblements plus importants puissent survenir dans une bonne aire d'alimentation. Par exemple, plus de 150 individus fréquentent la baie de Fundy durant les mois d’été. Les groupes de parade nuptiale peuvent compter de 3 à 30 individus, ces groupes étant habituellement constitués de plusieurs mâles essayant de maintenir leur place auprès d’une seule femelle. Lorsqu’elles font surface, les baleines noires sont faciles à distinguer des autres espèces de baleines en raison de leur souffle particulier, en forme de V.

Taille des populations
La population de baleines noires de l'Atlantique Nord compte moins de 350 individus, et on croit que celle de l’Atlantique Nord-Est est presque éteinte vu la chasse commerciale passée. Toute la population de l’Atlantique Nord semble être en déclin.

Menaces
Comptant parmi les mammifères les plus menacés de disparition au monde, les baleines noires de l'Atlantique Nord furent la première espèce de baleine à être chassée commercialement, cette chasse ayant considérablement diminué leur nombre. L’autre nom de l’espèce, « baleine franche » (right whale), tire son origine du fait que ces baleines lentes étaient faciles à chasser et fournissaient beaucoup d’huile, ce qui en faisait jadis les bonnes (right) baleines à chasser. De nos jours, les principales menaces auxquelles font face les baleines franches de l'Atlantique Nord sont les collisions avec les navires et les empêtrements dans des engins de pêche. D’autres facteurs peuvent hypothétiquement contribuer au déclin de leur taux de reproduction, observé récemment, et à leur degré de rétablissement généralement faible (ou l’absence de tout rétablissement au cours des années récentes). Des facteurs comprennent notamment les effets de leur petit nombre sur les plans génétique et démographique, la perte d’habitats, les maladies infectieuses, les contaminants, les biotoxines marines, le caractère inadéquat des proies disponibles vu les changements climatiques océaniques, et le dérangement causé par le tourisme.

References

COSEWIC report

Martin, Anthony R. and International Team of Experts. 1990. The Illustrated Encyclopedia of Whales and Dolphins. Portland House, New York, NY.

Reeves, P.A., R.R. Reeves, B.S. Stewart, P.J. Clapham, and J.A. Powell. 2002. Guide to the Marine Mammals of the World. Alfred A. Knopf, New York. 527 pp.

National Audubon Society’s Guide to marine mammals of the world

Encyclopedia of marine mammals

Cette page a été créée par Sarah Wong, Dalhousie University, février 2007.