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    Baleine à bec commune

Longueur: de 6 à 9m (19 à 30 pi)
Poids: de 6 à 8 tonnes
Taille de la population au Canada: plateau néo-écossais – environ 160 individus Labrador – inconnue
Taille de la population mondiale: selon les estimations, entre 10 000 et 40 000 individus dans l’Atlantique Nord
Statut quant à la conservation au Canada: en voie de disparition (COSEPAC/LEP)
Statut mondial quant à la conservation: faible risque, dépendant de mesures de conservation (UICN)

Classification
Nom scientifique : Hyperoodon ampullatus
Autres noms : front blanc, hyperoodon arctique, hyperoodon boréal, hyperoodon de l’Atlantique Nord
Sous-ordre : odontocète (baleine à dents)
Famille : Ziphiidés

Identification sur le terrain

  • taille moyenne
  • corps cylindrique et robuste
  • grosse tête arrondie, celles des mâles étant carrée, blanchâtre et couverte de cicatrices
  • bec semblable à celui d’un dauphin
  • petite nageoire dorsale recourbée (falciforme), située aux deux tiers du dos
  • petites nageoires pectorales de couleur foncée
  • coloration allant du gris foncé au brun, pouvant pâlir avec l’âge

Description
La baleine à bec commune est la troisième plus grande espèce de baleine à dents. Les femelles adultes peuvent mesurer jusqu’à 9 m (29 pi) de longueur, et les mâles adultes, jusqu’à 10 m (32 pi). On reconnaît ces baleines grâce à leur long bec tubulaire se distinguant de leur melon proéminent. Leur petite nageoire dorsale recourbée est située aux deux tiers du dos, et leurs nageoires pectorales, arrondies et de petite taille, peuvent être rabattues à plat sur la surface du corps grâce à un genre de « poches » situées sur les côtés de l’animal.

L’ossature frontale des mâles devient plus lourde et épaisse avec l’âge, donnant ainsi une forme carrée à leur front, alors que celui des femelles et des individus immatures est plus lisse et arrondi. Cette caractéristique physique des mâles adultes permet de les reconnaître en mer.

Cycle biologique
Les femelles atteignent la maturité sexuelle à un âge variant entre 8 et 12 ans, et selon les données de chasse ayant été compilées, l’âge le plus élevé enregistré chez une femelle était de 27 ans, alors qu’il était de 37 ans chez les mâles. Ceux-ci atteignent la maturité sexuelle un âge variant entre 9 et 11 ans. Cependant, les données d’âge collectées grâce à la chasse sont probablement des sous-estimations, car la technique consistant à déterminer l’âge en comptant les couches de dentine sur une dent devient moins fiable avec des dents d’individus plus âgés de certaines espèces, où les dernières couches de dentine sont plus difficiles à distinguer. On estime que la gestation dure 12 mois, les baleineaux naissant à la fin du printemps et en été, et peut-être légèrement plus tard dans la région du Goulet (the Gully). On croit que les femelles mettent bas tous les deux ans et que la période de lactation dure une année.

Répartition géographique
On ne trouve des baleines à bec communes que dans l’Atlantique Nord, sous des latitudes allant de la lisière des glaces à l’archipel des Açores. Certains centres de population existent dans les eaux au large de l’Islande, de la Norvège, du détroit de Davis, du Nordlabrador et de la Nouvelle-Écosse. Les baleines à bec communes vivent habituellement dans des eaux d’au moins 500 m de profondeur et se concentrent autour de canyons sous-marins, de rebords de plateau et d’autres régions au relief sous-marin accentué.

Une petite population sédentaire réside en permanence dans le secteur du Goulet de l’île de Sable, un canyon sous-marin situé à environ 200 km au sud-est de la Nouvelle-Écosse. Il est probable que la population de baleines à bec communes du plateau néo-écossais soit grandement ou totalement distincte de celle du Labrador, si l’on se fie aux résultats de modèles de population ayant été développés, aux différences constatées entre leurs saisons de reproduction respectives, ainsi qu’à la distribution des longueurs du corps d’individus des deux régions. Il se peut que ces deux populations soient isolées l’une de l’autre sur le plan de la reproduction.

Régime alimentaire
Les plongées profondes de la baleine à bec commune lui permettent de se nourrir sur le fond marin, en eau très profonde. Son régime alimentaire est principalement composé de calmars du genre Gonatus, bien qu’elle consomme à l’occasion d’autres espèces de calmars et des poissons.

Comportement
Les baleines à bec communes comptent parmi les mammifères marins plongeant le plus en profondeur, des profondeurs allant jusqu’à 800 m étant régulièrement enregistrées, les profondeurs maximales atteignant plus de 1 400 m. Ces plongées se rendent habituellement jusqu’au fond marin ou à proximité de celui-ci.

Les groupes comptent généralement de 3 à 10 individus étant souvent d’âge et de sexe différents, bien qu’il semble que les groupes plus modestes (jusqu'à 4 individus) soient souvent composés d’individus d’âge similaire et de même sexe.

Taille des populations
On connaît peu la taille de la population de baleines à bec communes dans la plus grande partie de leur aire de répartition géographique. Dans une étude publiée en 1992, on estimait qu’environ 44 000 individus peuplaient les eaux situées autour de l’Islande, bien qu’il s’agisse probablement d’une surestimation. Aucun estimé n’est actuellement disponible sur la population du détroit de Davis. Cependant, de nombreuses observations survenues en diverses occasions dans cette région à la fin des années 70 semblent indiquer que ces baleines y sont relativement nombreuses. En revanche, de récents travaux effectués au large du Labrador n’ont mené qu’à très peu d’observations, ce qui laisse supposer que la taille de cette population serait plus petite qu’on ne le pensait.

Le secteur du Goulet est le seul où des travaux approfondis ont été menés pour estimer la taille de la population locale, qui serait d’environ 160 individus.

Menaces
La chasse commerciale aux baleines à bec communes a commencé dans les années 1850 et duré jusqu’aux années 1970. Pendant cette période, plus de 80 000 baleines ont été prises, dont 87 dans Le Goulet durant les années 1960.

Comme d’autres mammifères marins, la baleine à bec commune fait face à de nombreuses menaces d’origine humaine telles que la pêche, la navigation maritime et la pollution chimique et acoustique. L’augmentation de ces activités (particulièrement dans le domaine de la prospection de gisements d'hydrocarbures) dans la région du plateau néo-écossais a suscité des craintes quant au rétablissement de cette population qui, en 2002, a grimpé à un rang plus élevé sur la liste du COSEPAC en obtenant le statut « en voie de disparition ». En 2006, ces baleines ont été officiellement inscrites sur la liste relative à la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada.