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    Globicéphale noir

Longueur : de 4,2 à 6,5 m (12 à 25 pi)
Poids : de 2 à 4 tonnes
Taille de la population au Canada : 50 000 individus
Taille de la population mondiale : de 440 000 à 1 370 000 individus
Statut quant à la conservation au Canada : non en péril (COSEPAC)
Statut mondial quant à la conservation : faible risque, quasi menacé (UICN)

Classification
Nom scientifique : Globicephalus melas
Autres noms : globicéphale noir de l'Atlantique, baleine pilote, dauphin pilote
Sous-ordre : odontocète (baleine à dents)
Famille : Delphinidés

Identification sur le terrain

  • jusqu'à 7,6 m (25 pi) de longueur
  • baleine noire portant une tache blanche en forme de W sur le ventre
  • corps robuste et grosse tête arrondie (melon bulbeux)
  • pas de bec
  • évent unique
  • longues nageoires pectorales mesurant un cinquième de la longueur du corps
  • nageoire dorsale arrondie à large base, située avant le milieu du corps
  • souffle diffus et peu élevé
  • s’adonne souvent à de l’ « espionnage »
  • toujours observé en groupe
  • groupes de 10 à 50 individus (parfois jusqu’à 100), des rassemblements de centaines ou de milliers d’individus pouvant survenir

Description
Le globicéphale noir de l'Atlantique est une baleine de taille moyenne, facilement reconnaissable grâce à son melon bulbeux et à son corps noir ou brun foncé. Cet animal a un corps long mais robuste, un bec très court et une bouche décrivant une courbe orientée vers les yeux aux extrémités. Sa nageoire dorsale falciforme (fortement recourbée), située avant le milieu du corps, est plus large à sa base qu’élevée en hauteur. Les nageoires pectorales représentent environ le cinquième de la longueur du corps et rétrécissent progressivement pour finir en pointe.
           La coloration du globicéphale noir peut varier du gris foncé ou du brun foncé au noir, le ventre portant une tache blanche ou grise pâle en forme d’ancre, liée par une mince bande à une autre tâche pâle dans la région génitale. Une tache blanche ou grise pâle, en forme de selle, figure également sur le dos derrière la nageoire dorsale, et une raie blanche ou gris pâle part de l’œil pour aller en s’amincissant vers la dorsale.
           Les mâle de l’espèce, beaucoup plus gros que les femelles, peuvent atteindre 7,6 m (25 pi) de longueur et peser jusqu’à 4 tonnes, les femelles mesurant jusqu’à 4,8 m (16 pi) et pesant jusqu’à 2 tonnes.

Cycle biologique
Les femelles de cette espèce peuvent vivre plus de 60 ans alors que les mâles ne vivent que de 35 à 45 ans. La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 12 ans chez les mâles et plus tôt chez les femelles, soit à l’âge de 6 ou 7 ans. Les accouplements et les naissances surviennent habituellement d’avril à septembre. On estime que la gestation dure 12 mois, l’intervalle entre les naissances comptant parmi les plus longs chez les cétacés. La période de lactation, enfin, dure au moins 3 ans et souvent plus longtemps.

Répartition géographique
Il existe deux sous-espèces de globicéphales noirs : une dans l’Atlantique Nord et l'autre dans l'hémisphère Sud. La répartition géographique de celle de l'hémisphère Sud est circumpolaire, s’étendant sous des latitudes variant entre 20° S et 65° S. On peut en apercevoir au large des côtes du Brésil, du Chili, de l'Argentine, de l'Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande. La sous-espèce de l’Atlantique Nord, pour sa part, évolue sous des latitudes boréales et subarctiques et peut être aperçue à partir des eaux de la Caroline du Nord et de l'archipel des Açores, à l'extrémité sud de son aire de répartition, jusqu'aux eaux de Terre-Neuve, du Groenland et de la mer de Barents à son extrémité nord.

Régime alimentaire
Dans l'Atlantique Nord, Le globicéphale noir se nourrit principalement de calmars et de maquereaux, et occasionnellement, de crevettes, de pieuvres et de diverses espèces de poissons. Ceux de l'hémisphère Sud, pour leur part, consomment au moins autant de poisson que de calmar. Le globicéphale noir peut aller s’alimenter à des profondeurs atteignant 503 m ou 1 650 pi (parfois plus si nécessaire) et possède de 9 à 12 paires de dents sur ses mâchoires supérieure et inférieure pour attraper et agripper ses proies.

Comportement
Animal très grégaire, le globicéphale noir voyage habituellement en groupes comptant en moyenne de 2 à 135 individus, groupes où se forment souvent des sous-groupes de 12 ou 13 individus unis par des liens étroits pouvant durer des années. On croit que ces groupes plus petits sont matrilinéaires, c’est-à-dire composés de femelles adultes et de leur progéniture. La cohésion sociale est très forte au sein des grands groupes et les échouages collectifs, comptant parfois des centaines d’individus, ne sont pas rares.
           À la surface, les globicéphales noirs font montre d’un éventail très varié de comportements, qui s’agisse de se reposer tranquillement sans bouger (« billotage »), de s’adonner à de l’« espionnage » ou de plonger. On a déjà vu des mâles matures se foncer l’un dans l’autre pour se heurter avec leur melon, s’infligeant parfois ainsi des blessures graves voire mortelles.
             
Taille des populations
On estime à 10 000 individus la taille de la population de l’Atlantique Nord-Ouest, à quelques centaines de milliers d’individus la taille de celle du centre et du nord-est de l’Atlantique, et à 200 000 individus la taille de la population se trouvant au sud de la zone de convergence antarctique. Dans les années 1970, on estimait que 50 000 individus fréquentaient les eaux au large de la côte est des États-Unis et du Canada Atlantique, mais il n’y a pas d’estimations récentes. La taille de la population mondiale varierait entre 440 000 et 1 370 000 individus selon des travaux d’estimation approfondis ayant été menés par la Commission baleinière internationale (CBI).

Menaces
Les globicéphales noirs ont été longtemps chassés au cap Cod, à Terre-Neuve, dans les îles Shetland et Orkney, en Irlande, en Islande et en Norvège. On les chassait en poussant et en coinçant contre la côte de grands groupes d’individus qu’on tuait ensuite sur place. Les globicéphales noirs furent également harponnés par des chasseurs américains de cachalot au cours du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. De nos jours, l’espèce n’est encore chassée régulièrement que dans les îles Féroé, où environ 1 500 individus sont récoltés chaque année depuis les années 1990. Les globicéphales noirs sont aussi utilisés par l’homme à titre d’animaux destinés à être exposés au public, et souvent capturés dans la nature pour être placés dans des zoos et des aquariums.

            Les globicéphales noirs sont également vulnérables à l’empêtrement dans des palangres, des lignes de fond ou des filets maillants, engins qui causent de nombreuses morts chaque année. En outre, ils sont souvent victimes d’échouages collectifs pouvant impliquer des centaines d’individus, peut-être en raison de leur nature très grégaire. Les causes de tels échouages demeurent incertaines, bien qu’elles pourraient être attribuables à des sonars et à d’autres bruits océaniques d’origine humaine, à la maladie, ou à des infections causant des troubles neurologiques.

References

International Whaling Commission. 2007. Pilot whales in Population Table.
http://www.iwcoffice.org/conservation/estimate.htm#table [accessed: January 31, 2007].

Mitchell, E. 1974. Present status of northwest Atlantic fin and other whale stocks in W. E. Schevill (ed), The whale problem: A status report. Harvard University Press: Cambridge, Massachusetts. Pgs. 108-169.

Ottensmeyer, C.A., and Whitehead, H. 2003. Behavioural evidence for social units in long-finned pilot whales. Canadian Journal of Zoology. 81: 1327-1338.

Reeves, R. R., Stewart, B.S., Clapham, P.J., Powell, J.A. 2002. Pilot Whales in: Guide to Marine Mammals of the World. Alfred A. Knopf: New York. Pgs. 440-443.

Cette page a été préparée par Leah Nemiroff, Dalhousie University, février 2007.