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Cétacés vivants

Chaque année, un certain nombre de cétacés s'échouent sur les plages des Maritimes. Certains de ces incidents n'impliquent qu'un seul animal; toutefois, des échouages collectifs impliquant plus d'un cétacé surviennent parfois aussi. Un cétacé échoué sur une plage fait face à divers problèmes, dont l'exposition au soleil et au vent, la surchauffe et la suffocation. Par conséquent, il est essentiel que les animaux échoués vivants soient signalés dès qu'ils sont aperçus.

Si vous découvrez en Nouvelle-Écosse un cétacé échoué vivant,
signalez-le immédiatement à la Marine Animal Response Society
à l'aide du numéro téléphonique d'urgence suivant :

1-866-567-6277

 

Si des échouages impliquant un seul animal vivant ont été enregistrés sur toutes les côtes, les échouages collectifs, pour leur part, sont plus souvent signalés dans certains « points chauds » se trouvant dans la partie sud du golfe Saint-Laurent, soit le long du détroit de Northumberland, dans la partie ouest du Cap-Breton le long de la côte sud de cette île, ainsi que dans le bassin Minas et les rivières liées à la Baie de Fundy. Ces « points chauds » peuvent exister en raison d’une topographie ou d'autres caractéristiques propres à chaque lieu.  

Si vous apercevez un cétacé échoué sur la terre ferme ou étant en difficulté dans la mer, voici ce que vous devriez alors faire.

 

Déterminer si l'animal est vivant ou mort
Voici la première bonne question à se poser puisque certains grands cétacés peuvent retenir leur souffle pendant plus de 20 minutes. La respiration d'un cétacé est indiquée par l'ouverture ou la fermeture de son évent.

Rythmes respiratoires normaux

Cétacés de petite taille (p. ex. un marsouin ou un dauphin commun) = de 2 à 5 respirations par minute
Cétacés de taille moyenne (p. ex. un globicéphale) = 1 respiration par minute
Cétacés de grande taille (p. ex. un cachalot) = jusqu'à 1 respiration aux 20 minutes

Dans le cas d’un grand cétacé, il peut être nécessaire de tester ses réflexes afin de déterminer s'il est toujours en vie. Pour ce faire, une légère pression peut être exercée doucement sur une paupière ou sur le coin d'un œil, la région autour de l'évent peut être touchée légèrement, ou la bouche peut être ouverte doucement. Si l'animal est toujours en vie, il fermera son œil ou son évent, ou résistera à votre tentative de lui ouvrir la bouche.

Si l'animal est mort ou s'il meurt au moment de l'observation, veuillez consulter notre page Que faire dans le cas d'un animal mort? et le signaler immédiatement à la MARS car il est très important de nécropsier tout cétacé mort ayant été découvert.

Si l'animal est en vie, la prochaine étape à suivre est de déterminer l'espèce à laquelle il appartient.

Il est important de déterminer l'espèce du cétacé échoué car cela influencera grandement le pronostic d'une remise à l'eau réussie de l'animal. Généralement, les espèces océaniques (comme le dauphin à flancs blancs de l'Atlantique) qui s'échouent ont de bien meilleures chances de se remettre d'un échouage que les espèces côtières (comme le marsouin commun). Cela tient au fait qu'en général, les espèces pélagiques ou océaniques sont souvent en meilleure condition sur le plan nutritionnel et que leur échouage est plus susceptible d'être dû à une erreur, alors que les espèces côtières, qui devraient être habituées à naviguer près des côtes, sont souvent malades ou en moins bonne santé. En outre, le pronostic de récupération après une remise à l'eau est meilleur pour la majorité des individus impliqués dans un échouage collectif qu'il ne l'est chez un animal s’étant échoué seul.

Afin de déterminer l'espèce de cétacé impliquée dans un échouage, veuillez consulter nos pages descriptives et nos clés d'identification des espèces.

 

 

Une fois que vous avez ces renseignements, vous devriez communiquer immédiatement à la MARS les renseignements suivants :

  1. l'endroit exact de l'échouage afin d’obtenir des directives appropriées;
  2. le nombre d'animaux échoués;
  3. l'heure à laquelle vous avez aperçu pour la première fois l'animal ou les animaux échoués;
  4. l'espèce en question, si vous êtes en mesure de l'identifier;
  5. une description de l'animal (taille, couleurs et autres caractéristiques physiques);
  6. une description de la condition physique de l'animal, à savoir s'il est faible, amaigri ou s'il a des plaies ouvertes;
  7. la présence éventuelle d'étiquettes ou de marquages d'identification;
  8. en appelant la Marine Animal Response Society, il se peut que vous receviez des directives à suivre pour aider l'animal ou les animaux échoués.

Vous devriez également :

  1. ne pas toucher, ramasser ou nourrir l'animal à moins d'avoir reçu une directive contraire;
  2. ne pas tenter de remettre à l'eau l'animal ou d’interagir avec ce dernier plus qu'il n'est nécessaire ou indiqué; les baleines et les dauphins peuvent être porteurs de maladies, mordre les gens ou les blesser en remuant leur queue;
  3. observer l'animal d'une distance d'au moins 15 mètres (50 pieds), si possible, et empêcher les autres personnes et les chiens d'accéder à la zone d'échouage; une des meilleures choses à faire est d'aider l'animal à demeurer calme en maintenant les foules à distances et en minimisant le bruit;
  4. si possible, photographiez l'animal sous tous les angles;
  5. si plusieurs animaux sont échoués, notez lequel s'est échoué le premier si ce renseignement est disponible.

Responsabilité Juridique

Tous les mammifères marins sont protégés sous l'acte de Pêcheries fédéral. C'est illégal pour les individus faits sans autorisation pour toucher, déranger, nourrir ou autrement contrarier ces animaux. Un permis scientifique est tenu de manipuler des mammifères marins et, selon les espèces, une Espèce le permis menacé peut aussi être exigé. La MARS demande annuellement et reçoit ces permis.


Premiers soins

Voici les étapes clés que suivent les sauveteurs spécialement formés afin d'aider des cétacés échoués vivants.

Ne pas paniquer et ne pas déplacer l'animal
Les cétacés sont capables de survivre hors de l'eau pendant un certain temps (avec un peu d'aide). Dans certains cas, des dauphins ou d'autres cétacés de petite taille ont été remis à l'eau avec succès même après avoir séjourné plusieurs jours sur une plage.

Souvent, les essais hâtifs de remise à l'eau d'un cétacé échoué causent plus de mal que de bien à l'animal. Par conséquent, N'essayez PAS de pousser ou de tirer l'animal vers l'eau avant d'avoir recherché des conseils de la part de professionnels. N'essayez jamais de tirer par la queue vers l'eau un animal échoué, car cela causera fort probablement des dommages irréversibles à sa queue et à sa colonne vertébrale.

Il est très important de noter qu'un cétacé échoué vivant ne devrait pas forcément être remis à l'eau. Lorsque c'est possible, un vétérinaire ou un professionnel spécialement formé devrait être sur place pour évaluer l'état de l'animal et déterminer le meilleur plan d'action à suivre.

Stabiliser l'animal
Le principal objectif est de s'assurer que l'animal peut respirer, ne surchauffe pas et ne devient pas trop stressé.

  • Si possible, l'animal devrait être maintenu dans une position à l'endroit, quitte à creuser des tranchées sous ses nageoires pectorales.
  • Maintenir l'humidité de la peau de l'animal en la recouvrant avec des draps ou des serviettes maintenus humides en vaporisant ou en versant doucement et constamment de l’eau dessus. De l'eau froide devrait être versée sur la totalité du corps du cétacé, particulièrement sur sa moitié arrière car le pédoncule semble jouer un important rôle d’évacuation de la chaleur corporelle. NE PAS verser de l'eau très froide ni mettre de la glace sur la queue ou sur les autres nageoires.
  • L'évent NE devrait PAS être recouvert, et il faudrait empêcher l'eau ou le sable d'y pénétrer. Les rebords de l'évent peuvent être protégés du dessèchement en les badigeonnant de gelée lubrifiante ou de crème à l'oxyde de zinc.
  • Par temps ensoleillé, essayez de fournir de l'ombre à l'animal en installant une toile au dessus de lui.
  • Par temps froid et venteux, particulièrement dans le cas d'un animal maigre ou d'un nouveau-né, érigez des abris contre le vent et trempez les draps ou les serviettes dans de l'huile minérale (p. ex. de la paraffine liquide) plutôt que dans de l'eau.
  • Avertissement : prenez garde à la queue de l'animal car cette dernière, lorsqu'un cétacé échoué se débat, peut infliger de graves blessures ou causer la mort. De plus, touchez le moins possible l'animal et évitez d'inhaler l'air expiré par ce dernier, qui pourrait être porteur de maladies transmissibles à l'homme.
  • Tout bruit, contact ou dérangement autour de l'animal doit être réduit au minimum. Si possible, installez un cordon de sécurité autour de la zone d'échouage et affectez quelqu'un au contrôle de la foule.
  • Un « chef de plage » devrait être désigné pour assurer la liaison avec les agents fédéraux des pêches, les médias et la foule, et pour veiller à ce que le vétérinaire et les équipes de sauvetage puissent travailler sans être dérangés.

Chercher de l'aide
Toute étape ultérieure dans le sauvetage d'un animal échoué ne devrait être suivie qu'après avoir sollicité les conseils et l’aide de professionnels expérimentés.

Évaluation initiale de l'état de l'animal

Une fois sur le site d'échouage, les professionnels qualifiés ou les vétérinaires tenteront d'évaluer la condition physique de l'animal afin de déterminer s'il devrait faire l'objet d'une remise à l'eau ou si une autre option ne serait pas préférable.

Cette évaluation initiale peut permettre de déterminer la cause de l'échouage et si une tentative de remise à l'eau de l'animal devrait être entreprise. Dans le cas d'espèces comme le cachalot, qui peuvent ne respirer qu'une fois toutes les 20 à 40 minutes, il peut être nécessaire de solliciter les réflexes relatifs à l'évent ou au mouvement de la cornée (voir ci-dessus) pour savoir si l'animal est vivant ou mort.

Connaître l'espèce et la taille du cétacé peut aider à déterminer s'il s'agit d'une espèce pélagique ou côtière ou d'un nouveau-né séparé de sa mère. En aucun cas ne devrait-on tenter de remettre à l'eau de tout jeunes cétacés n'étant probablement pas encore sevrés.

L'état corporel peut être évalué en examinant l'ensemble du corps de l'animal, particulièrement au niveau des muscles lombaires et des éventuelles lésions externes. Le rythme respiratoire peut quant à lui permettre de déterminer si l'animal est stressé, et la température corporelle interne indiquera si son état est critique ou terminal. D'autres renseignements relatifs aux critères d'évaluation sont disponibles pour les membres de la MARS qui sont formés.

Options possibles avec des animaux échoués vivants

Dans les provinces Maritimes, trois options seulement s'offrent aux intervenants, à savoir remettre à l'eau l'animal, l'euthanasier ou laisser la nature suivre son cours, car il n'existe pas d'installations destinées à la réadaptation des animaux échoués. Seuls les animaux en bon état corporel et n'ayant pas de lésions ou de maladies importantes devraient être remis à l'eau.

L'euthanasie peut être la meilleure option pour les cétacés de petite taille, mais ne devrait être envisagée que si elle peut être encadrée par un vétérinaire. La meilleure forme d'euthanasie est l'administration de médicaments, une tâche qui devrait être laissée à un vétérinaire. La mise à mort par arme à feu n'est pas une solution idéale car elle peut être difficile à accomplir (la carabine doit être de calibre .303 au moins et le projectile tiré doit pénétrer le crâne et le cerveau) et peut susciter de la détresse tant chez l'animal que chez les témoins de la scène. La mise à mort par arme à feu ne devrait être envisagée qu'en l'absence d'autres options possibles. La personne chargée de cette tâche doit posséder un permis de port d'arme, avoir l'approbation du MPO et avoir suivi une formation sur les règles adéquates à suivre pour tuer un animal selon cette méthode.

Les gros cétacés, pour leur part, posent un problème de taille. Le temps est une considération essentielle avec les grandes baleines car chaque minute qui passe se traduit par une augmentation de leur température et de la pression qu'exerce sur leurs organes internes leur lourde masse musculaire dorsale. L'euthanasie n'est généralement pas envisagée chez les grandes baleines car il est difficile de déterminer la dose correcte de médicaments à administrer à un animal de grande taille. Qui plus est, le fait de l'euthanasier quand même pourrait rendre plus compliquées l'évacuation et l'élimination ultérieures de la carcasse, désormais contaminée avec un produit toxique. L'utilisation d'une arme à feu pour l'euthanasie ne peut être envisagée non plus, car ces animaux ont un crâne très épais et un cerveau très difficile à localiser avec précision. La remise à l'eau constitue quant à elle une entreprise très ardue et stressante pour les grandes baleines, pouvant entraîner des blessures graves (p. ex. : colonne vertébrale disloquée ou queue arrachée) et la mort si elle n'est pas effectuée correctement. Habituellement, le mieux à faire pour les gros cétacés échoués est d'essayer d'accroître leur confort, de minimiser le bruit et les autres facteurs de stress environnants, et de les laisser mourir de façon naturelle.

Lorsqu'une remise à l'eau est possible, elle devrait être tentée pendant une marée montante. Une fois le cétacé dans l'eau, son équilibre doit être restauré, ce qui nécessite de le bercer doucement dans l'eau, parfois pendant des heures. Avant de relâcher l'animal, son comportement devrait être surveillé pendant plusieurs heures afin de s'assurer qu'il ne s'échouera pas de nouveau. Le transport d'un animal vers un autre site où il sera relâché ne devrait être entrepris qu’en l’absence d’autres solutions (et en recourant à des techniques approuvées) et seulement si cela peut être fait en moins de deux heures. Dans les échouages collectifs, les individus ayant moins de chances de survie devraient être euthanasiés et ceux pouvant retourner à la mer devraient être remis à l'eau ensemble.

Un cétacé remis à l'eau n'est pas forcément sauvé pour autant. Il arrive parfois qu'un animal ne puisse ou ne doive pas faire l'objet d'une remise à l'eau. Le cas échéant, le fait de l'euthanasier ou de le laisser mourir de façon naturelle sur la plage doit être considéré comme étant l’issue adéquate d’une telle situation.

Les municipalités sont responsables de l'évacuation et de l'élimination des carcasses de cétacés. Aucun animal ne devrait être enfoui avant que des scientifiques de la MARS, de l'Atlantic Veterinarian College, du Musée du Nouveau-Brunswick, du Musée de la Nouvelle-Écosse ou d'une autre institution d'enseignement ou fédérale n'aient eu la chance de l'examiner, car chaque animal échoué peut nous permettre d’apprendre beaucoup de choses. 

Responsabilité Juridique

Tous les mammifères marins sont protégés sous l'acte de Pêcheries fédéral. C'est illégal pour les individus faits sans autorisation pour toucher, déranger, nourrir ou autrement contrarier ces animaux. Un permis scientifique est tenu de manipuler des mammifères marins et, selon les espèces, une Espèce le permis menacé peut aussi être exigé. La MARS demande annuellement et reçoit ces permis.